Le yoga est méditation, la méditation est yoga. Mais qu'est ce que le yoga ?

Réorganiser l'existant. Relier le délié. La métaphore du kaléidoscope réconcilie les contraires. Permanence et changement, statique et dynamique, extérieur et intérieur, visible et invisible ... Je suis Eléonore Gratton, artiste pédagogue, formatrice Yoga Ify, coach vocal, journaliste Esprit yoga Mag. La transversalité dessine ma topographie.

Kaléidoscope
3 min ⋅ 01/04/2025

Qu’est ce qui m’importe vraiment ? qui a du sens en soi, de façon générale, et en moi-même chaque jour. Le mot existentiel remonte souvent à la surface : Définition, qui appartient à l’ordre de l’existence, qui concerne l’existence en tant que réalité vécue personnellement et concrètement. Je l’interprète à ma façon. Pour essayer d’appréhender l’existentiel je me tourne vers ce qui est essentiel, ce qui m’importe vraiment je dois parfois me mettre au bord d’une faille sismique, celle qui fait bouger les contours bien établis de ma personne, de ma vie parisienne. Je le fais parfois très en conscience, et parfois c’est un conditionnement : se pousser dans des retranchements et être face jusqu’au boutisme aux images assignées par soi et l’environnement.

Essayer de voir, de discerner ce qui est du contour policé, sociale, le rôle assigné en fonction du contexte et au vu d’un trait de caractère, de ce qui est profondément crucial, racine et essentiel. Comme l’air pour respirer. Aucune réponse toute faite n’advient. 

Qu’est qui est projectif, de l’ordre de la posture, du contrôle et de l’image, de ce qui est indéboulonnable, présent sans fard ni jeu ? Vertigineux d’y réfléchir quelques instants. Cela remet les pendules à l’heure, ou cela inverse le cours du temps, l’été devient neigeux et les fleurs passent en mode bourgeon en sens inverse.

Le yoga a cette dimension peu connue de s’insérer dans cette faille sismique et de faire se regarder en face les deux côtés de la nature humaine : rôle social incarné et conditionné ET essence pure de qui on est. Ce dernier aspect est tellement enfoui, sous des couches de terreau, de graine, de rocaille, de strates géologiques qui nous feraient remonter si ce n’est jusqu’à la nuit des temps au moins jusqu’à une ou deux générations avant nous. 

Cette discipline n’est pas une simple action corporelle pour société stressée, elle est révélatrice et propose une chose fondamentale : discerner. Ce qui se joue en moi, avec les autres, au creux de mon environnement. En chemin, la question de la présence arrive, et non pas celle de « l’instant présent » thème galvaudé qui devient une injonction de notre monde contemporain en quête de vérité absolue et de pilule du bonheur couplée à la leçon de vie. 

La pure présence c’est celle qui acte sans commentaire, qui prend le miroir et qui observe avec simplicité ce qui est là. Elle est arrimée à l’humilité et au lien. Elle est rare. Tellement nous sommes empêtrés dans des spirales émotionnelles et projectives, qui nous protègent du changement. Elle flirte avec l’idée de dépouillement.

Le yoga c’est juste ça. Discernement en ligne de mire, pour créer un espace de présence entre ce que je joue, ce que je souhaite vraiment jouer et ce qui se joue en moi. Alors la question « qu’est ce qui m’importe vraiment » peut commencer à entrevoir un soupçon de réponse. 

Yoga dans les textes c’est aussi samâdhi : se poser pleinement en soi et dans l’objet de contemplation. Entendons ici par contemplation, méditation. La racine, la source de cette discipline c’est l’observation contemplative, assis, en marchant, en cuisinant, en interaction avec une personne …. Sur un tapis à l’écoute du souffle, des appuis au sol, du déploiement architectural du corps. 

J’adore les yoga sutra de Patanjali texte de référence du début de notre siècle sur cette belle discipline yoga. Alors oui ! ce texte a été conçu pour des ascètes, des renonçant que nous ne sommes pas, et notre culture ne baigne pas dans la croyance du cycle des renaissances dont il faudrait s’échapper. Nous sommes pour autant bien au cœur d’un processus de cycle dans la vie que nous menons, et quand on lit les sutras on découvre qu’ils mentionnent régulièrement le commun mortel, celui qui n’est pas déjà « libéré vivant ». La méditation est un fil conducteur, méditation-contemplation-présence, du texte. Être attentif à ce qui me traverse. Tout en laissant la porte ouverte à la rêverie et à l’imagination.  

La méditation est yoga, le yoga est méditation.  Et il est le reflet de ce fragment d’Héraclite : « je me cherche ». 

Kaléidoscope

Par Eléonore Gratton

À propos de l’auteur de Kaléidoscope, Eléonore Gratton.

Mon activité se concentre autour de la Présence. Je questionne cette qualité inhérente à l’être humaine, autour des mes activités phare Voix Yoga Scène.

Je suis formatrice yoga IFY et j’enseigne cette discipline depuis 2010. Comédienne et chanteuse de métier, diplômée prof art dramatique et chant, aujourd’hui je coache les acteurs, les artistes de performance, les décideurs, les amoureux de la voix, les indécis et les décalés. De mes différentes activités, j’ai tissé une expérience qui accompagne les personnes en quête d’authenticité et de présence.

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